Passer le permis hauturier en candidat libre : pourquoi ce n'est pas si compliqué
Le permis hauturier traîne une réputation d'examen mathématique complexe. Pourtant, l'épreuve se résume à 1h30 de navigation sur carte et d'additions basiques. Décryptage de l'examen et des démarches pour s'inscrire en candidat libre.

Beaucoup de plaisanciers limitent leurs navigations à la bande côtière des 6 milles d'un abri, intimidés par la réputation de l'extension hauturière. Pourtant, chaque année en France, des milliers de candidats franchissent les portes d'une salle d'examen des Affaires maritimes avec un compas à pointe sèche et une règle de navigation, pour en ressortir 90 minutes plus tard avec le droit de traverser les océans.
Réussir l'examen du permis hauturier en candidat libre repose sur la méthode et la répétition, bien plus que sur un niveau académique. Cet article détaille le format exact de l'épreuve théorique, les démarches administratives pour s'inscrire directement auprès des services de l'État, et l'organisation matérielle requise pour valider cette étape sans stress inutile.
En quoi consiste l'examen du permis hauturier ?
L'épreuve théorique d'extension hauturière est un examen sur table d'une durée de 1h30, noté sur 20 points, qui valide la capacité du candidat à préparer et suivre une navigation au-delà de 6 milles d'un abri. Contrairement au permis côtier, il n'y a pas de questionnaire à choix multiples (QCM), mais des exercices pratiques à résoudre sur une carte marine et un formulaire de réponses.
Le barème de l'épreuve est fixé par la réglementation française et se répartit en quatre grandes sections. Pour obtenir l'examen, le candidat doit atteindre une note globale d'au moins 10 sur 20. Une note éliminatoire s'applique sur la partie navigation : il faut obligatoirement obtenir au moins 7 sur 12 aux exercices sur carte.
La répartition précise des points s'établit ainsi :
- Exercice sur carte n°1 (jour) : 6 points. Le candidat trace une route en tenant compte du cap, de la dérive liée au vent et du courant.
- Exercice sur carte n°2 (nuit) : 6 points. Le candidat relève sa position à l'aide de relèvements d'amers ou de phares.
- Calcul de marée : 4 points. Le candidat détermine une hauteur d'eau à une heure donnée, ou l'heure à laquelle une hauteur d'eau précise sera atteinte, pour un port principal.
- Météorologie : 2 points. Le candidat analyse un bulletin ou une carte isobarique.
- Matériel et sécurité : 2 points. Le candidat démontre sa connaissance des équipements de sécurité obligatoires en zone hauturière (radeau de survie, balise EPIRB).
À retenir — L'épreuve théorique du permis hauturier ne comporte aucune partie pratique en mer. La validation préalable du permis côtier atteste déjà de la maîtrise de la conduite du navire.
Le mythe de la difficulté : faut-il être bon en mathématiques ?
La réussite au permis hauturier n'exige aucune compétence mathématique supérieure, mais uniquement la maîtrise des additions, soustractions et de la règle de trois. Le blocage de nombreux candidats relève d'une appréhension face au vocabulaire spécifique (cap vrai, déclinaison magnétique, déviation) plutôt que d'une réelle difficulté de calcul.
Yves Melchior, fondateur de L'École de la Mer, le constate régulièrement auprès des élèves : les erreurs le jour de l'examen proviennent d'étourderies, comme l'inversion d'un signe positif ou négatif, et non d'une incompréhension mathématique. Pour passer du Cap Vrai (Cv) au Cap Compas (Cc), la formule exige d'ajouter ou de soustraire la variation magnétique. Une simple vérification de cohérence sur la rose des vents de la carte permet d'éviter l'erreur.
Le calcul de marée s'appuie quant à lui sur la règle des douzièmes. Il s'agit d'une méthode empirique simplifiée qui demande de diviser l'amplitude de la marée par douze, puis d'additionner des tranches horaires. Une calculatrice standard rend l'opération immédiate.
Comment s'inscrire à l'examen en candidat libre ?
Pour passer l'examen en candidat libre, le candidat doit constituer un dossier administratif comprenant le formulaire Cerfa, un timbre fiscal de 38 € et son permis côtier original, puis l'envoyer à la Délégation à la Mer et au Littoral (DML) de son choix. Se présenter en candidat libre évite les frais de dossier souvent facturés par les bateaux-écoles traditionnels.
L'inscription demande un peu d'anticipation. Les centres d'examen des Affaires maritimes gèrent des sessions régulières, mais les places peuvent manquer à l'approche de la saison estivale. Le dossier complet doit inclure :
- Le formulaire Cerfa : dûment rempli et signé, en cochant la case "Extension Hauturière".
- Un timbre fiscal dématérialisé de 38 € : achetable sur le site timbres.impots.gouv.fr (tarif officiel en 2024).
- Une photographie d'identité récente : conforme aux normes passeport, collée sur le Cerfa.
- L'original du permis côtier : l'administration conservera ce document pour éditer le nouveau titre incluant l'extension.
| Mode d'inscription | Coût de la formation | Timbre fiscal (Droit d'examen) | Timbre fiscal (Délivrance) | Coût total estimé |
|---|---|---|---|---|
| Bateau-école classique | 350 € à 500 € | 38 € | 0 € (inclus dans le côtier) | ~ 450 € |
| Candidat libre (E-learning) | 190 € | 38 € | 0 € | 228 € |
La préparation autonome réduit drastiquement le prix total du permis hauturier, rendant cette certification beaucoup plus accessible.
Quel est le matériel requis et autorisé le jour J ?
Lors de l'épreuve en salle, seuls la carte SHOM 9999 d'exercice, une règle de navigation, un compas à pointe sèche, un crayon et une calculatrice non programmable sont autorisés sur la table du candidat. Les smartphones et les montres connectées sont strictement interdits et doivent être éteints.
Le choix du petit matériel conditionne le confort de l'examen. La carte d'exercice SHOM 9999, fournie par le candidat, doit être vierge de tout tracé antérieur. Le grammage du papier de cette carte officielle est épais. Utiliser un crayon à papier de type 2B (gras) permet de tracer sans marquer le papier en profondeur, facilitant le gommage rapide en cas d'erreur de relèvement.
La règle de navigation reste au choix du candidat. La règle de Cras (à double rapporteur) est la plus classique en France, mais la règle bretonne (à rapporteur central mobile) s'avère souvent plus intuitive pour éviter les erreurs de lecture. Le compas à pointe sèche doit de préférence posséder une lyre (une vis de réglage micrométrique) pour mesurer les distances en milles marins avec une précision absolue sur l'échelle des latitudes.
À retenir — Si la calculatrice tombe en panne de batterie, l'examinateur ne fournira pas de matériel de remplacement. Il faut toujours vérifier son équipement la veille de la convocation.
Comment s'organiser pour préparer l'épreuve à son rythme ?
L'apprentissage en ligne permet de préparer l'examen du permis hauturier en assimilant les concepts à son propre rythme, depuis son domicile, avant de s'inscrire aux Affaires maritimes. L'examen étant purement écrit et théorique, il se prête parfaitement à ce format de révision.
La progression exige de la régularité. Maîtriser le tracé de la route fond, intégrer la dérive et calculer l'heure d'une marée demande des automatismes qui s'acquièrent en refaisant des exercices complets, chronométrés. L'intérêt d'une formule e-learning est de pouvoir visionner plusieurs fois les manipulations sur la carte à l'écran, pour reproduire les mêmes gestes chez soi sur sa propre carte SHOM 9999.
Les candidats optant pour préparer le permis hauturier en ligne bénéficient généralement d'une période de six mois d'accès aux contenus. Ce délai permet d'étaler les révisions sur l'hiver, de s'entraîner sur des examens blancs reproduisant les conditions réelles, puis de se présenter à la session de printemps des Affaires maritimes, le dossier dûment validé.
FAQ
Où se passe exactement l'examen du permis hauturier ? L'épreuve se déroule dans les locaux des Directions Interrégionales de la Mer (DIRM) ou des Délégations à la Mer et au Littoral (DML). Le candidat choisit librement son centre d'examen en France lors de l'envoi de son dossier d'inscription, sans obligation de résider dans ce même département.
Quelle est la durée de validité du permis hauturier ? Le permis hauturier, tout comme le permis côtier sur lequel il s'appuie, est valable à vie. Il n'existe aucun système de points ni de visite médicale de renouvellement imposée par la réglementation française actuelle pour la plaisance de loisir.
Puis-je utiliser ma propre carte SHOM 9999 lors de l'examen ? Le candidat doit obligatoirement apporter sa propre carte d'exercice SHOM 9999 le jour de l'épreuve. Cette carte doit impérativement être propre et exempte de toute annotation, repère ou tracé préalable, sous peine d'exclusion pour tentative de fraude.
Que se passe-t-il en cas d'échec à l'examen théorique ? En cas d'échec (note inférieure à 10/20 ou inférieure à 7/12 sur la carte), le candidat conserve le bénéfice de son permis côtier. Pour repasser l'extension hauturière, il suffit de soumettre une nouvelle demande et de racheter un timbre fiscal d'examen de 38 €.
Sources & mise à jour
Article rédigé en août 2026. Les modalités d'examen, le format des épreuves et le montant du timbre fiscal (38 €) s'appuient sur les directives en vigueur du Secrétariat d'État chargé de la Mer en France. La réglementation et les formulaires Cerfa pouvant évoluer, il convient de toujours vérifier la dernière version applicable sur le portail officiel de l'administration française (mer.gouv.fr) avant l'envoi du dossier.
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