L'École de la Mer – Wind in Sails
Retour au blog
À savoir

Qui peut passer le permis hauturier en France ?

Le permis hauturier n'est pas réservé aux seuls Français munis de leur permis côtier. Avec les équivalences européennes officielles, les navigateurs suisses ou belges peuvent s'inscrire à l'examen en candidat libre. Tour d'horizon des conditions exactes d'accès.

Yves Melchior19 juillet 2026 6 min de lecture
Qui peut passer le permis hauturier en France ?

Dans une salle d'examen des affaires maritimes de la façade atlantique ou méditerranéenne, le public détonne toujours un peu. On y croise des marins pêcheurs en reconversion, des plaisanciers retraités, mais aussi de nombreux navigateurs suisses ou belges venus valider leurs compétences de navigation sur carte. Sur l'eau, les frontières s'effacent, et la réglementation française s'est adaptée à cette réalité en ouvrant largement l'accès à son examen phare.

Cet article clarifie précisément les conditions d'accès au permis hauturier en France. À la fin de cette lecture, vous saurez si votre titre de navigation actuel vous autorise à vous présenter à l'épreuve française, comment faire valoir vos équivalences étrangères, et comment constituer votre dossier d'inscription sans passer par une auto-école physique.

L'exigence de base : détenir un permis moteur côtier

Pour se présenter à l'examen théorique du permis hauturier en France, le candidat doit obligatoirement posséder au préalable un permis bateau à moteur côtier ou un titre reconnu équivalent. Le permis hauturier constitue strictement l'étape numéro deux de la formation maritime française.

Le système français fonctionne par paliers. Le premier palier (le permis côtier) valide les bases réglementaires, le balisage, la sécurité fondamentale et la maîtrise pratique du navire à moteur de plus de 6 chevaux, jusqu'à 6 milles d'un abri. Une fois ce sésame en poche, les affaires maritimes considèrent que la pratique de base est acquise.

C'est la raison pour laquelle l'extension hauturière ne comporte aucune épreuve de conduite sur l'eau. Il s'agit d'un examen exclusivement théorique et sur table (calcul de marée, navigation sur carte SHOM 9999, météo). Vous ne revoyez pas la manœuvre de l'homme à la mer ; vous démontrez votre capacité à tracer une route pour traverser l'Atlantique ou rejoindre la Corse sans visibilité.

Suisses, Belges : la reconnaissance des titres étrangers

Les affaires maritimes françaises reconnaissent officiellement la validité des permis maritimes européens, y compris le permis moteur d'eaux intérieures suisse, comme prérequis valide pour se présenter à l'extension hauturière française. C'est une aubaine pour les plaisanciers limitrophes.

Yves Melchior, fondateur de L'École de la Mer, constate régulièrement cette dynamique d'expatriation nautique : « Nous formons tous les mois des Genevois ou des Vaudois qui naviguent sur le Léman. Leur permis cantonal est solide. Au lieu de repasser un cursus complet en mer, l'administration française leur permet d'embrayer directement sur la navigation sur carte. »

Voici comment s'articulent les équivalences les plus fréquentes enregistrées en 2026 par les centres d'examen :

Titre d'originePays d'émissionAutorise l'inscription au hauturier françaisDémarche requise
Permis CôtierFranceOuiFournir la copie du permis
Permis de conduire (Eaux intérieures/Lacustre)SuisseOuiTraduction ou copie certifiée + Cerfa
Brevet de conduite restreint / généralBelgiqueOuiCopie du titre + Cerfa d'inscription
ICC (International Certificate of Competence)EuropeOui (selon mentions)Vérification préalable avec les Affaires Maritimes

À retenir — Si vous détenez un titre de navigation européen validant la pratique d'un navire à moteur, vous êtes dispensé de l'épreuve pratique et du code côtier français. Vous attaquez directement la navigation au large.

L'inscription en candidat libre : la voie royale

Dès lors qu'un candidat justifie de l'étape préalable (permis moteur), il a le droit absolu de s'inscrire à l'examen du permis hauturier en candidat libre, sans l'intermédiation d'un bateau-école physique. Cette modalité réduit drastiquement les coûts de la formation.

Dans la mesure où l'épreuve est 100 % sur table, la législation n'impose pas de livret d'apprentissage validé par un moniteur embarqué. Le candidat libre constitue seul son dossier administratif (Cerfa d'inscription, timbre fiscal, copie de son permis côtier) et l'adresse à la délégation à la mer et au littoral (DDTM/DML) du département où il souhaite composer.

Cette souplesse administrative explique l'engouement pour les plateformes digitales. Il est tout à fait possible, par exemple, de préparer le permis hauturier en ligne à son rythme depuis Bruxelles, Neuchâtel ou Paris, puis de ne se déplacer dans un centre d'examen marin (comme Brest, La Rochelle ou Marseille) que le jour de l'épreuve.

Les prérequis médicaux et administratifs

Le certificat médical d'aptitude physique (formulaire Cerfa 14673*01) est une condition réglementaire indispensable pour l'obtention du permis hauturier, sauf si le précédent permis côtier a été délivré depuis moins d'un an (dans ce cas, la validité est reconduite).

L'administration maritime s'assure principalement de vos capacités sensorielles. Les points de contrôle lors de la visite chez le médecin de ville couvrent notamment :

  • L'acuité visuelle : capacité à distinguer les marques de balisage et apprécier les distances en mer.
  • L'audition : perception distincte de la voix humaine et des signaux sonores (corne de brume).
  • L'état général : absence de pathologies lourdes (syncopes, épilepsie non stabilisée) incompatibles avec la veille nautique.
  • Le daltonisme : s'il est prononcé, le médecin peut imposer un test au phare chromatique (la restriction nuit/jour peut être appliquée mais n'interdit pas le passage du permis).

Outre le volet médical, l'âge minimum requis est fixé à 16 ans. Un candidat mineur peut parfaitement se présenter à l'extension si ses représentants légaux valident l'inscription et s'il a obtenu initialement le permis côtier.

Quel profil pour maximiser ses chances de réussite ?

Aucun diplôme académique en mathématiques n'est exigé, les calculs de marée et de dérive reposant sur de l'arithmétique élémentaire et la règle de trois. Le véritable barrage n'est pas le niveau scolaire, mais la constance dans l'apprentissage.

Les retours de nos élèves montrent qu'un adulte actif consacre généralement 40 à 60 heures de travail personnel aux cours et aux examens blancs. Le profil du candidat retenu pour le succès est méthodique :

  • La maîtrise de la règle Cras : cet instrument de géométrie exige une gestuelle précise que seule la répétition permet d'acquérir.
  • La rigueur du tracé : un trait de crayon épais de 2 millimètres sur la carte 9999 du SHOM équivaut rapidement à une erreur d'un demi-mille nautique à l'arrivée.
  • La gestion du temps : l'épreuve dure 1h30 pour deux tracés, un calcul de marée et deux questions de météo et matériel.

L'acquisition préalable d'une expérience du grand large n'est pas une condition légale, mais comprendre l'environnement marin aide indéniablement. Les détenteurs de l'attestation de radiotéléphoniste (CRR) disposent souvent d'un avantage sur les questions d'équipement électronique posées en fin de QCM.

À retenir — Si vous projetez une longue navigation, le bon sens dicte souvent de grouper les apprentissages (carte et communications internationales). L'École de la mer a d'ailleurs structuré une préparation complète via l'offre Capitaine pour consolider les compétences réglementaires obligatoires avant un achat ou une grande traversée.

FAQ

Peut-on passer le permis hauturier français si on réside à l'étranger ?

Oui. La domiciliation en France n'est pas une condition d'accès. Tant que le candidat justifie d'un permis moteur européen reconnu, il peut préparer son dossier et s'inscrire auprès d'une Direction départementale des territoires et de la mer (DDTM). Il devra néanmoins se déplacer en France pour l'examen sur table.

Combien coûtent les timbres fiscaux pour l'inscription ?

En 2026, le passage de l'extension hauturière demande d'acquitter un droit de délivrance (timbre fiscal) de 78 €.

Combien de temps le permis côtier reste-t-il valide avant de devoir passer le hauturier ?

Le permis côtier est acquis à vie en France. Il n'y a pas de délai de péremption vous obligeant à enchaîner rapidement avec l'extension hauturière. Vous pouvez passer le côtier à 20 ans et l'extension hauturière à 50 ans.

Faut-il justifier d'heures de navigation sur un voilier pour passer ce permis ?

Non, le permis hauturier, comme le côtier, est juridiquement un permis pour les navires de plaisance à moteur. En France, la conduite d'un voilier ne requiert d'ailleurs aucun permis maritime (bien que cela soit fortement recommandé). Aucune heure de navigation n'est donc demandée aux Affaires maritimes pour l'inscription.

Sources & mise à jour

  • Date de rédaction : Juillet 2026
  • Sources réglementaires : Arrêté du 28 septembre 2007 relatif au permis de conduire des navires de plaisance à moteur (version consolidée) ; Secrétariat d'État chargé de la Mer.
  • Note : La reconnaissance formelle des titres étrangers peut faire l'objet d'accords bilatéraux évolutifs. En cas de doute sur un permis très spécifique, vérifiez sa validité en contactant directement la DDTM de votre futur lieu d'examen ou via le portail officiel du gouvernement français.

Partager

Cet article vous a été utile ? Partagez-le.

Vous préparez un examen maritime ?

Découvrez nos formations 100% en ligne pour réussir sereinement, à votre rythme.