FAQ Permis Hauturier
Pré-requis, examen, barème, matériel, candidat libre, validité : toutes les réponses pour préparer et réussir le permis hauturier en 2026.

FAQ Permis Hauturier : toutes les réponses 2026
avril 2026
Le permis hauturier est bien plus qu'une simple extension du permis côtier. C'est le sésame qui ouvre les portes de la navigation au grand large, là où la côte n'est plus qu'un lointain souvenir. Il vous autorise à naviguer sans aucune limite de distance, de jour comme de nuit. Ce guide complet, conçu par les experts de L'École de la Mer, répond à toutes les questions que vous vous posez pour préparer et réussir cet examen exigeant mais passionnant.
Le permis hauturier en bref :
- Âge minimum : 16 ans pour passer l'examen.
- Pré-requis : Être titulaire du permis option côtière.
- Examen : Théorique uniquement, d'une durée de 1h30.
- Coût du timbre fiscal : 38 €.
- Note minimale : 10/20, avec une note éliminatoire de 7/12 à l'épreuve de carte.
- Temps de préparation estimé : Entre 20 et 40 heures selon votre aisance.
| Caractéristique | Détails |
|---|---|
| Pré-requis | Être titulaire du permis plaisance option côtière (ou d'un titre équivalent reconnu). |
| Durée de l'examen | 1 heure et 30 minutes. |
| Coût d'inscription | 38 € (timbre fiscal dématérialisé). |
| Note minimale | Obtenir une note globale de 10/20 et obligatoirement 7/12 minimum à l'épreuve de carte. |
| Matériel obligatoire | Carte SHOM 9999, règle de Cras, compas à pointe sèche, calculatrice non programmable. |
Accès & inscription
L'aventure du permis hauturier commence bien avant la salle d'examen, par une démarche administrative précise. Comprendre les conditions d'accès et la procédure d'inscription est la première étape vers votre réussite.
Qui peut s'inscrire ? Les pré-requis
Le permis hauturier est une extension : il vient compléter une formation initiale. Le pré-requis non négociable est donc d'être titulaire du permis plaisance option côtière. Sans lui, impossible de présenter votre dossier.
L'âge minimum pour s'inscrire à l'examen est de 16 ans.
Vous êtes titulaire d'un permis étranger ? Certains titres délivrés par des pays de l'Union Européenne ou de la Suisse peuvent être considérés comme équivalents au permis côtier. Il est impératif de vous rapprocher de la Direction Départementale des Territoires et de la Mer (DDTM) dont vous dépendez pour faire valider cette équivalence avant de constituer votre dossier d'inscription.
La procédure d'inscription en candidat libre
Si vous choisissez de préparer l'examen par vos propres moyens, vous devrez vous inscrire en tant que "candidat libre". La procédure est entièrement dématérialisée et se fait auprès de la DDTM de votre choix, qui organise les sessions d'examen.
Voici les pièces à rassembler pour votre dossier :
- Le formulaire CERFA n°14680. C'est le document officiel d'inscription. Remplissez-le avec soin, en indiquant bien que vous vous présentez à l'extension "hauturière".
- L'original de votre permis plaisance option côtière. C'est la preuve que vous remplissez le pré-requis principal. Il vous sera restitué.
- Une photo d'identité récente et conforme aux normes officielles.
- Un timbre fiscal dématérialisé de 38 € pour les droits d'examen. Vous pouvez l'acheter en ligne sur le site timbres.impots.gouv.fr.
- Une photocopie d'une pièce d'identité.
Une fois votre dossier complet, vous l'envoyez au service compétent de la DDTM. Ce sont eux qui vous enverront votre convocation à l'examen, généralement quelques semaines avant la date de la session. Soyez prévoyant, car les places peuvent être limitées selon les régions et les périodes de l'année. Pour plus de détails sur le dossier, consultez notre guide pratique complet.
L'examen en détail
L'épreuve du permis hauturier est un marathon intellectuel de 90 minutes. Contrairement au permis côtier, il n'y a pas d'épreuve pratique. Tout repose sur votre capacité à résoudre des problèmes de navigation complexes sur le papier. L'objectif de l'examen est de s'assurer que vous êtes capable de vous positionner, de tracer une route et de garantir votre sécurité en haute mer, loin de tout repère visuel.
L'examen est noté sur 20 points et se décompose en plusieurs exercices distincts.
Le barème détaillé et la note éliminatoire
Comprendre la répartition des points est fondamental pour orienter votre préparation.
-
Épreuve de carte (notée sur 12 points) - Note minimale obligatoire : 7/12 C'est le cœur du réacteur, l'épreuve reine du permis hauturier. Elle vise à évaluer votre maîtrise de la navigation à l'estime et de la lecture de carte. Sur une carte d'exercice spéciale, la carte SHOM 9999, vous devrez :
- Tracer une route en tenant compte de la dérive due au vent et du courant.
- Porter un point par ses coordonnées géographiques (latitude, longitude).
- Identifier un amer après avoir relevé un gisement ou un azimut.
- Calculer la variation (déclinaison + déviation) pour passer du cap compas au cap vrai et inversement.
- Faire le point à l'aide de plusieurs relèvements. L'examinateur juge ici votre précision, votre méthode et votre rigueur. La moindre erreur d'inattention peut entraîner une cascade d'erreurs. La note de 7/12 est un plancher : même si votre total général dépasse 10/20, une note inférieure à 7 sur cette épreuve est éliminatoire.
-
Calcul de marée (noté sur 4 points) Cet exercice teste votre aptitude à utiliser l'annuaire des marées pour garantir la sécurité du bateau en eaux peu profondes. Généralement, l'exercice consiste à :
- Calculer la hauteur d'eau à une heure précise pour savoir si vous pouvez passer au-dessus d'une sonde ou vous échouer dans un port.
- Calculer l'heure à laquelle la mer atteindra une hauteur d'eau suffisante pour appareiller ou franchir un seuil. La maîtrise de la règle des 12èmes est souvent indispensable pour obtenir tous les points.
-
QCM Météorologie (noté sur 2 points) Deux questions à choix multiples pour évaluer vos connaissances météo de base. Les questions portent sur la lecture d'une carte synoptique (fronts chauds, froids, occlus, anticyclones, dépressions), la reconnaissance des types de nuages et leurs implications, ou encore l'échelle de Beaufort.
-
QCM Aides électroniques à la navigation (noté sur 1 point) Deux questions à choix multiples sur l'utilisation et les principes du GPS, de l'AIS, du lecteur de carte ou du radar. Il ne s'agit pas de savoir manipuler un appareil spécifique, mais de comprendre leur utilité, leurs limites (précision, sources d'erreurs) et leur complémentarité avec la navigation traditionnelle.
-
QCM Réglementation et sécurité (noté sur 1 point) Une question portant sur les aspects spécifiques à la navigation hauturière. Cela peut concerner le matériel de sécurité obligatoire au-delà de 60 milles d'un abri (radeau de survie, balise EPIRB), les radiocommunications (utilisation de la BLU, d'Iridium), ou encore la gestion d'une situation d'urgence au large. Certains cas concrets VHF peuvent vous aider à appréhender cette partie.
Le matériel obligatoire
Le jour de l'examen, vous êtes un navigateur et vos instruments sont le prolongement de votre cerveau. Venir avec le bon matériel, en parfait état de fonctionnement, est une condition sine qua non de la réussite. L'examinateur ne vous prêtera rien.
Voici la liste exhaustive du matériel autorisé et indispensable :
-
La carte spéciale d'examen SHOM 9999 : C'est une carte marine d'entraînement qui n'est liée à aucune zone de navigation réelle. Elle est conçue spécifiquement pour l'examen, avec des exercices de courant et une déclinaison magnétique indiqués. Assurez-vous qu'elle soit vierge de toute annotation.
-
Une Règle de Cras : C'est l'instrument emblématique du navigateur. Cet outil combine un rapporteur pour mesurer les angles (les caps, les relèvements) et une règle pour tracer les routes. Entraînez-vous intensivement avec la vôtre. Il en existe plusieurs modèles (Brocémer, TopoPlast), choisissez celui avec lequel vous êtes le plus à l'aise.
-
Un compas à pointe sèche : Ne le confondez pas avec le compas de géométrie de votre enfance. Ce compas à deux pointes métalliques sert à reporter les distances en utilisant l'échelle des latitudes sur le côté de la carte. Il est votre meilleur allié pour mesurer avec précision les milles nautiques parcourus ou restants. La précision de vos pointés en dépend directement.
-
Une calculatrice non programmable : Elle est essentielle pour les calculs de marée et pour les conversions d'heures. L'exigence "non programmable" signifie que les calculatrices graphiques ou celles pouvant stocker du texte sont interdites. Une simple calculatrice "collège" fait l'affaire, à une condition cruciale : elle doit posséder une touche de conversion DMS (Degrés, Minutes, Secondes) ou un équivalent (souvent noté
° ' ''). Cette fonction est vitale pour additionner ou soustraire des coordonnées géographiques ou des durées sans se tromper.
Checklist Jour J : Votre sac de navigateur
Pour ne rien oublier le jour de l'épreuve, préparez votre sac la veille avec :
- L'obligatoire : Votre convocation à l'examen et une pièce d'identité en cours de validité.
- Le matériel de navigation : Règle de Cras, compas à pointe sèche, carte 9999 vierge, calculatrice.
- Le petit plus qui fait la différence : Un crayon à papier bien taillé (HB ou 2H), une gomme de qualité qui n'abîme pas la carte, un taille-crayon, et éventuellement un stylo à encre effaçable.
- Le confort : Une bouteille d'eau et une montre pour gérer votre temps.
Préparation : combien de temps et comment s'y prendre
Le permis hauturier a la réputation d'être un examen difficile. Il n'est pas insurmontable, mais il demande un investissement personnel sérieux et une préparation méthodique.
Le volume horaire : une fourchette réaliste
On estime qu'un candidat moyen a besoin de 20 à 40 heures de préparation pour assimiler la théorie et maîtriser la pratique sur carte. Cette estimation varie grandement selon plusieurs facteurs :
- Votre aisance avec les mathématiques : Si le calcul mental, la trigonométrie simple et la manipulation de chiffres ne vous effraient pas, vous gagnerez du temps.
- Votre mémoire visuelle et votre sens de l'organisation : La navigation sur carte est un exercice de méthode et de rigueur.
- Le temps écoulé depuis votre permis côtier : Si vos connaissances sont fraîches, la transition sera plus aisée.
- Votre méthode d'apprentissage : Certains préféreront le cadre d'un bateau-école, d'autres l'autonomie d'une formation en ligne ou en autodidacte.
La stratégie de préparation gagnante
Le secret n'est pas de tout apprendre par cœur, mais de comprendre la logique derrière chaque calcul et chaque tracé. Voici une approche structurée :
-
Phase 1 : Assimiler la théorie (environ 10 heures) Plongez-vous dans les concepts fondamentaux. Ne faites pas encore d'exercices complets. Concentrez-vous sur la compréhension de chaque brique élémentaire : Qu'est-ce que la déclinaison ? La déviation ? Comment lit-on un vecteur courant sur une carte ? Comment fonctionne le calcul de marée par douzièmes ? C'est une phase cruciale pour bâtir des fondations solides.
-
Phase 2 : Pratique intensive de la carte (environ 20 heures) C'est ici que le match se gagne. Procurez-vous un livre d'exercices ou une plateforme en ligne proposant des dizaines de problèmes de carte. Enchaînez les exercices, encore et encore. Au début, vous serez lent et ferez des erreurs. C'est normal. L'objectif est de rendre chaque étape (calcul de variation, tracé de route surface, application du courant, etc.) quasi-automatique. Chronométrez-vous progressivement pour vous habituer au rythme de l'examen.
-
Phase 3 : Consolidation et examens blancs (environ 10 heures) Une fois que vous maîtrisez séparément la carte, les marées et les QCM, mettez-vous en conditions réelles. Faites des examens blancs complets en 1h30, sans interruption. Cela vous apprendra à gérer votre temps : combien de minutes allouer à la carte, combien aux marées. C'est aussi le meilleur moyen d'identifier vos dernières faiblesses pour les corriger avant le jour J.
L'apprentissage du permis hauturier est un investissement, non seulement pour l'examen, mais pour votre sécurité future en mer. C'est une excellente raison pourquoi le passer.
Après l'examen
Félicitations, vous avez réussi ! Votre permis en poche, de nouveaux horizons s'ouvrent. Mais quelques questions pratiques subsistent sur la vie de votre titre et les opportunités qu'il offre.
Validité, perte et duplicata
La bonne nouvelle, c'est que le permis plaisance, y compris son extension hauturière, est valable à vie. Il n'y a pas de visite médicale périodique ou d'examen de renouvellement à passer pour la plaisance.
En cas de perte, de vol ou de détérioration de votre permis, vous devez demander un duplicata. La procédure est similaire à une inscription : il faut remplir un formulaire CERFA spécifique (le n°14679), fournir les justificatifs demandés (photo, pièce d'identité) et vous acquitter d'un timbre fiscal dont le montant est identique à celui du droit d'examen. La demande se fait auprès de la DDTM qui a délivré votre permis initial.
Naviguer hors de l'Union Européenne
Votre permis français est automatiquement reconnu dans les eaux territoriales des pays de l'Union Européenne. En dehors de l'UE, la situation est plus complexe. La plupart des pays du monde reconnaissent le Certificat International de Compétence (ICC), qui est une "traduction" des compétences de votre permis national.
La France est signataire de la résolution qui a créé l'ICC. Vous pouvez donc demander la délivrance d'un ICC sur la base de votre permis hauturier. Cette démarche s'effectue auprès des DDTM. Il est cependant crucial de toujours se renseigner sur la réglementation spécifique du pays que vous comptez visiter, car certains peuvent exiger des formalités supplémentaires.
Une passerelle vers les métiers de la mer ?
Bien que le permis hauturier soit un titre de plaisance, il constitue une excellente base et est souvent valorisé pour ceux qui envisagent une carrière maritime. Il peut notamment vous donner des équivalences pour certains modules de formations professionnelles comme le Capitaine 200. Si vous rêvez de devenir skipper professionnel, steward sur un yacht ou convoyeur, le permis hauturier sur votre CV est un signal fort de votre sérieux, de vos compétences en navigation et de votre passion pour la mer.
FAQ enrichie
Peut-on rater uniquement l'épreuve de carte ?
Oui, absolument. C'est le cas de figure le plus fréquent. L'épreuve de carte est affectée d'une note éliminatoire. Vous devez obtenir un score minimum de 7 points sur 12. Un candidat qui aurait un score parfait sur les marées et les QCM (soit 8/8) mais seulement 6/12 à la carte sera ajourné, même avec une note globale de 14/20. Cette règle souligne l'importance capitale de la maîtrise de la navigation sur carte.
Que faire si je rate l'examen ?
Un échec n'est jamais une fatalité. La première chose à faire est de demander à la DDTM le détail de vos notes pour identifier précisément où vous avez perdu des points. Est-ce la carte ? Le calcul de marée ? Une fois la faiblesse identifiée, concentrez votre préparation sur ce point spécifique. Vous pouvez vous réinscrire à la session d'examen suivante en déposant un nouveau dossier complet (avec un nouveau timbre fiscal). Beaucoup de navigateurs aguerris ont dû s'y prendre à deux fois ; l'important est de persévérer.
Le permis hauturier est-il obligatoire pour une traversée de la Manche ?
C'est une excellente question qui touche à la définition d'un "abri". Le permis côtier vous autorise à naviguer jusqu'à 6 milles d'un abri. Un abri est un lieu où le navire peut se mettre en sécurité. Le long des côtes françaises et anglaises, vous n'êtes jamais très loin d'un port. Cependant, au milieu de la Manche, vous serez inévitablement à plus de 6 milles de tout abri, ne serait-ce que pendant quelques heures. En pratique, pour une traversée de la Manche en toute légalité et sécurité, le permis hauturier est donc indispensable.
Quelle est la différence avec le RYA Yachtmaster britannique ?
C'est une comparaison fréquente. Les deux qualifications permettent la navigation au large, mais leur philosophie est très différente.
- Le Permis Hauturier est un examen purement théorique passé à terre. Il valide votre capacité à planifier une navigation et à maîtriser les calculs (position, marée, etc.) sur le papier.
- Le RYA Yachtmaster (Offshore ou Coastal) est un examen essentiellement pratique. Un examinateur monte à bord de votre bateau pendant 8 à 12 heures (pour le Coastal) ou plus longtemps (pour l'Offshore) et vous évalue en conditions réelles sur votre capacité à commander un navire, à gérer un équipage, à manœuvrer et à faire face à des situations d'urgence. La partie théorique est considérée comme un pré-requis et est vérifiée oralement durant l'épreuve. En résumé : le Hauturier valide le "savoir", le Yachtmaster valide le "savoir-faire".
Mon permis hauturier est-il vraiment valable à vie ?
Oui, le titre administratif est valable à vie. Cependant, vos compétences, elles, ne le sont pas. La navigation, surtout sans aides électroniques, est une discipline qui s'entretient. Si vous ne pratiquez pas pendant plusieurs années, il est très facile d'oublier les réflexes de calcul et de tracé. La véritable sécurité en mer ne vient pas du papier que vous avez en poche, mais de votre connaissance affûtée et de votre pratique régulière. Nous vous encourageons à refaire un exercice de carte ou un calcul de marée une ou deux fois par an, simplement pour entretenir la mécanique intellectuelle.
Le permis hauturier est une aventure exigeante, mais la liberté qu'il procure est sans égale. Chaque heure de préparation est un investissement pour votre sécurité et votre plaisir futurs. Pour mettre toutes les chances de votre côté avec une méthode éprouvée et un suivi pédagogique, découvrez notre formation hauturier en ligne conçue par des marins pour de futurs marins.
Partager
Cet article vous a été utile ? Partagez-le.
Vous préparez un examen maritime ?
Découvrez nos formations 100% en ligne pour réussir sereinement, à votre rythme.
